Pour « en finir » avec la société de surconsommation
Nous dirigeons-nous à grande vitesse vers un mur ? Il semble que la réponse est « oui »… Vous voulez une belle image ? Le modèle économique actuel ressemble à une personne qui se serait bricolé un petit planeur maison sur la base d’une bicyclette. Et cette personne, remplie de bonne foi, se serait lancée du haut d’une très haute montagne. Pendant sa chute, elle croirait que son engin vole, et elle serait ravie ! Mais c’est parce qu’elle se trouverait encore trop haut pour s’apercevoir qu’elle va bientôt s’écraser…
Je n’ai rien contre le capitalisme. En fait, je suis plutôt pour, mais dans une dimension plus humaine, où chacun peut y retirer un bénéfice réel, avec moins d’inégalités. C’est justement le sujet d’un colloque organisé par Option Consommateur.
Vous connaissez les géants de l’île de Pâques ? C’est tout ce qui reste d’un faste passé. Une hypothèse veut que ses anciens habitants ont jadis épuisé toutes les ressources de l’île et, incapables d’aller puiser leurs ressources ailleurs, ils se sont tout simplement éteints. C’est ce que nous sommes en train de réaliser, mais à l’envergure de la planète. Selon l’idéologie qui veut que tout va bien lorsqu’il y a croissance économique (et les médias nous rebattent les oreilles sans cesse sur ce joyeux thème depuis des mois), nous oublions que cette croissance se fait présentement en « pompant » les ressources de la planète. Et cela prendrait plusieurs planètes pour soutenir le mode de consommation-gaspillage de l’Occident. Je ne suis pas contre la croissance. Mais à défaut de disposer de plusieurs planètes, il serait intéressant de trouver des solutions pour améliorer notre qualité de vie sans pour autant détruire ce sur quoi elle repose. Quelles solutions ?
Je ne suis pas compétent pour parler d’environnement ou de stratégies de développement durable dans un contexte de développement économique (voir « La croissance économique est-elle infinie ? »). L’exemple de la compagnie Boisaco est intéressant, au moins au niveau humain. Par contre, nous pouvons aller à la source de la question : pourquoi consommons-nous autant ? Des études en psychologie et en économie on depuis déjà un moment commencé à déboulonner l’idée du consommateur qui prend des décisions rationnelles. Pourquoi consommons-nous ? Parce qu’on croit que cela nous rendra heureux. Malheureusement, si la consommation nous rendait heureux, il y a longtemps que nous nous en serions aperçus…
Le bonheur dépend bien davantage du sens que nous donnons à notre vie, à notre travail. Le bonheur repose sur la qualité et la fréquence de relations de qualité avec les autres. Cela ne semble pas tellement correspondre aux valeurs de notre société… Y avez-vous pensé, à ce sens ? Il ne tombe pas du ciel et il faut s’attarder longuement à cette douloureuse question avant d’obtenir des bribes de réponses. Mais il en va de notre responsabilité et, surtout, de notre bonheur. Pour sortir de ce modèle de la société de surconsommation, je n’ai pas envie de dire aux gens de faire ceci ou cela. J’ai seulement envie d’aider à poser de bonnes questions. Des questions qui donnent des pistes. Car nous désirons tous être heureux, et je suis convaincu que la solution à cette crise aux multiples visages n’entre pas en contradiction avec la possibilité d’être, aussi, plus heureux.
p.s. : La simplicité volontaire semble peu engageante pour plusieurs à la lumière des valeurs sociales actuelles. Mais si on se concentre sur un autre aspect de sa définition, celui qui vise à augmenter notre « richesse intérieure », nous constatons qu’il s’agit d’un chemin vers l’accession à un bonheur plus humain et plus durable.

























